L’appropriation Culturelle: Y voir plus clair

Par LAETITIA KOMBO

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Source: Jennifer Dorner

Ce fut une rentrée des classes particulières pour les écoliers d’Outremont. A leur grande surprise ainsi qu’à celle de leurs parents, ils ont été accueillis par des professeures parées de coiffes amérindiennes. Les enseignantes – qui avaient également préparé des stocks de coiffes pour leurs élèves- avaient décidé de consacrer ce premier jour aux cultures autochtones. Si l’intention n’est pas négative, les moyens eux, suscitent la controverse. En effet, une fois encore, les cultures amérindiennes sont soumises à l’appropriation culturelle. 

L’appropriation culturelle. Il y a ceux qui la défendent comme le résultat réussi du multiculturalisme ou ceux qui refusent de la reconnaître au nom de l’évolution des cultures. De l’autre côté, il y a ceux qui la déplorent et la combattent en dénonçant le néocolonialisme et la perpétuation des stéréotypes culturels et raciaux qu’elle représente. Cette notion crée toujours plus le débat et sur elle chacun a un avis. Si une minorité avertie y participe assidûment, l’appropriation culturelle reste largement méconnue ou au moins incomprise par beaucoup. Mais qu’est-elle exactement ? Avec une armée de spécialistes et  pas mal d’exemples, nous allons essayer d’en essuyer les contours et de définir des outils pour déceler dans quels cas l’on parle (ou pas) d’appropriation culturelle.

« Porter un sari lors d’un voyage en Inde ? »

Il existe une limite très fine entre l’appropriation culturelle et ce que l’on appelle l’échange culturel. Beaucoup arguent que tout ce qui est dénoncé comme appropriation n’est que le résultat d’un échange entre la culture occidentale et toutes les sous-cultures dues à l’immigration qui gravitent autour d’elle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’appropriation culturelle est une notion si délicate à assimiler : la culture occidentale, étant dominante, invite souvent les membres de cultures différentes à adopter les éléments de la sienne. En retour, les membres de la culture dominante s’autorisent à utiliser les éléments des cultures minoritaires aux fins qui leur semblent utiles (costume d’Halloween, accessoires de mode…). Ce processus est confondu avec un échange alors qu’il procède d’avantage d’une assimilation d’un côté, et d’un usage délibéré de l’autre. En somme, cela ne correspond pas à un partage réciproque. Et c’est justement ce que devrait être l’échange culturel : un partage réciproque. C’est la réponse à une invitation au partage (d’une gastronomie, de coutumes, de costumes, mais aussi d’une pensée). De cette entente peut naître l’échange qui est au fondement du multiculturalisme. Comme le rappelle le chercheur Emongo Lomomba, cofondateur du Laboratoire en Recherche Interculturelle à l’Univerisité de Montréal, « l’échange est nécessaire à l’évolution des cultures. » Accepter respectueusement l’invitation de telle ou telle culture au partage et à la découverte ne nuit pas. Une personne invitée à partager un moment de la vie culturelle indienne tel qu’il se doit ne cause aucun tort, mais participe à la découverte (non édulcorée par notre filtre occidental habituel) d’une culture étrangère.

 » La statuette superbe statuette de bouddha pour décorer mon salon ? »

La beauté de représentations religieuses telles les statuettes est indéniable ce qui explique leur forte popularisation comme objets de décoration. Quoiqu’il en soit, ici il s’agit bien d’appropriation culturelle. Ces bouddhas vendus par centaines le sont rarement à des fins spirituelles. Or, pour plus de dix millions de personnes, réparties majoritairement dans l’Est de l’Asie, le Bouddha est avant tout un leader spirituel ayant initié une religion nouvelle en opposition à l’hindouisme. Ses représentations sculpturales sont utilisées comme objet de prosternation sacrée. Par le passé, les Bouddhistes ont eu à subir des persécutions au nom de leur religion. La représentation du Bouddha est donc pour ce nombre non-négligeable de croyants loin de n’être qu’un objet de décoration original. Certes, ce peut être plein de bonnes intentions que l’on décide de se procurer ce type de représentation : Recherche de « bonnes vibrations », quête d’une spiritualité plus intense, désir d’une décoration cool… Quoiqu’il en soit, les représentations bouddhiques popularisées dans les années soixante-dix sont devenues des bibelots populaires. Selon l’activiste et blogueuse indo-canadienne de Toronto, Bhumika Patel, cette approche consiste pour les gens « à choisir les parties qu’ils préfèrent et rejeter le reste (…). La plupart du temps, c’est l’esthétique qui plait, les icônes. Ces icônes comprennent Buddha et Budai, Beaucoup de gens auraient de la difficulté à distinguer les deux. C’est parce que le Bouddhisme a été arraché de ses fondations religieuses et transformé en une mode, ou en « objet de déco. »

La désacralisation des objets religieux n’est pas un fait nouveau. Elle a été très pratiquée durant les périodes de colonisation. Le sort des statues bouddhiques est également infligé aux statuettes et aux masques africains popularisés en Occident à la période de colonisation. À l’origine, ces statues étaient placées sur l’autel des communautés et gardées par les plus hauts membres de leurs chefferies. Ces objets de culte ont tout d’abord été subtilisés par les Européens à des fins de recherches ethnologiques avant de devenir des objets d’art à la mode. Selon Emongo Lomomba, on peut ici aller jusqu’à parler d’« expropriation culturelle ». Les objets, part du patrimoine immémorial des peuples colonisés, ont été volés et vidés de leur sens religieux. Ils remplissent aujourd’hui les galeries des grands musées de ce monde. Nonobstant la valeur esthétique et ethnologique de ces statuettes/sculptures, leur usage trivial participe à la désacralisation d’objets religieux et à la réduction orientaliste de la culture à laquelle ils sont rattachés.

 »Une cérémonie spirituelle autochtone à 200 dollars … sans autochtones ? »

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SOURCE: YOGA SALAMANDRE

Pour certains la spiritualité est un savoir voué à être partagé avec le plus grand nombre. C’est le cas de nombreuses personnes qui s’initient à diverses spiritualités dont elles ne sont pas issues. Certaines d’entre elles deviennent même des chantres de ces religions. Au Canada, l’on voit se multiplier les organisations religieuses inspirées de spiritualités autochtones et orchestrées par des personnes qui ne sont pas issues des Premières Nations. Ce sont alors des dizaines, voire des centaines de personnes qui y sont introduites en dehors de la tradition originelle. S’agit-il d’appropriation culturelle ? Possiblement. L’une des principales caractéristiques de l’appropriation, c’est l’offense qui en résulte pour les « appropriés ». Or, la spiritualité étant un aspect sensible de la culture, en faire un usage non-usuel peut susciter ce sentiment d’offense. Le professeur George Nicholas le rappelle, citant son ouvrage “Do Not Do Unto Others…”: Cultural Misrecognition and the Harms of Appropriation in an Open-Source World : « Les admirateurs qui s’inspirent des traditions spirituelles autochtones ne réalisent sans doute pas le tort qu’ils font quand ils se font les représentants de ces traditions. Ils sont parfois surpris et offensés quand des objections s’élèvent à cet égard. » Le Professeur Nicholas relate ainsi une anecdote : « En 1986, lors d’un concert visant une collecte de fonds en soutien aux efforts de Navajos menacés de relocalisation, une artiste non-Amérindienne a saisi l’occasion, entre chacune de ses chansons, d’expliquer au public des éléments de leur « religion ». Cela a profondément offensé plusieurs Navajos présents dans l’assemblée. Ainsi, pendant un entracte, il lui a été demandé calmement d’éviter de faire de nouvelles déclarations à ce sujet. Revenue sur scène, l’artiste a annoncé que sa performance était terminée et qu’elle annulait son soutien à la cause puisqu’elle se sentait opprimée et niée dans son droit de parler de spiritualité. Elle a ajouté : ‘J’ai le droit à autant de liberté spirituelle qu’eux.’ » Ce droit et cette liberté sont souvent utilisés par ceux qui désirent s’approprier. Evoquer la liberté pour évoquer l’usage d’une culture jadis opprimée telle que la culture amérindienne peut être l’expression d’un privilège propre au dominant. En effet, les cultures des peuples autochtones ont longtemps été considérées comme inférieures. Les personnes étaient sommées de troquer leurs langues, religions et coutumes traditionnelles contre celles des colons. Ce n’est qu’en 1951 que des célébrations comme le Potlatch ou Sundance sont sorties de l’illégalité (avant cela, tout Amérindien prenant part à ces festivités risquait la prison). Ces éléments culturels deviennent donc des symboles à portée revendicatives et surtout, des objets sensibles. L’aspect économique de certaines entreprises allochtones d’inspiration autochtone présente également un problème. C’est l’exemple de Yoga Salamandre, un organisme québécois qui revendique une spiritualité autochtone. Ce sont des dizaines d’activités – comprenant les huttes à la sudation- qui sont proposées. Martin Dubois, son coordinateur, reconnait avoir fait face à l’hostilité des membres de premières nations qui voyaient d’un mauvais œil un tel usage de leur culture. Cela n’empêche pas Yoga Salamandre d’organiser des cérémonies tarifées très courues. Selon Geneviève Sioui, agente de soutien en éducation au Centre d’amitié Autochtone de Lanaudière, la spiritualité autochtone est partagé dans un esprit d’échange et ne devrait pas être reprise par pour en faire un bien commercial.

 » Et les Sushis ? Les tacos ? Les Bagels ? »

La pizza, les sushis, les tacos…Autant de mets que l’on savoure quotidiennement. En supermarché ou en restaurant, ces plats internationaux sont accessibles partout et sont devenus très populaires. Dans les sociétés multiculturelles, la cuisine est l’aspect culturel qui est le plus facilement partagé et adopté. Ici, on peut entendre parler de cuisine sino-canadienne, en France, pays réputé pour sa gastronomie, le couscous, plat du Maghreb, demeure un des plats favoris. Montréal abrite des centaines de restaurants asiatiques. Longtemps, au Canada, les populations émigrées ont eu le monopole de la commercialisation de leur cuisine – comme c’est encore le cas pour la cuisine chinoise. Aujourd’hui, de nombreux « sushi bars » sont le fruit d’initiatives canadiennes. Peut-on ici parler d’appropriation culturelle ? Question délicate. Selon le professeur George Nicholas, pour la déceler il faut pouvoir répondre à la question suivante : « À qui cela fait-il du tort, et comment ? (économiquement ? Spirituellement ?…) Il est rare que ce soit le cas dans le domaine de l’alimentation. Toutefois, il arrive que la nourriture se trouve au cœur de la question de la propriété culturelle. Au Moyen-Orient se déroule une guerre bien particulière : « la guerre du houmous » autrement dit la course au record du monde de production d’houmous. Aujourd’hui détenu par le Liban, le record a longtemps appartenu à Israël. Comme plusieurs autres mets typique de la tradition culinaire arabe, Israël désigne ce met comme emblématique de sa culture. Michael Seguin, chercheur à l’Université de Montréal spécialisé dans le conflit israélo-arabe explique ainsi ce phénomène à première vue curieux : «Dans le cas du sionisme, l’appropriation du territoire s’est faite (…) notamment en s’appropriant une part du régime alimentaire des Palestiniens. C’est ainsi que le falafel et le houmous sont devenus des plats nationaux israéliens, et que la ‘salade arabe’ est devenue ‘salade israélienne’. (…) Par ces différentes stratégies, Israël a tenté de montrer son inscription orientale en faisant siens des plats qui sont très courants dans tout le Levant (Syrie, Liban, Palestine et Jordanie) » La cuisine devient donc une des armes du conflit…En s’appropriant la cuisine Palestinienne, Israël parvient à deux objectifs : tout d’abord, celui de s’établir une identité et ensuite, celui d’effacer celle du pays qu’il colonise. La culture devient ici un objet politique important. Ronit Verred, journaliste israélienne, parle de l’houmous comme d’« un symbole de toutes les tensions du Moyen-Orient. » Ainsi, même si cela n’est pas systématique – manger une pizza, par exemple, n’a aucun effet dommageable qu’on soit au Canada ou au Pérou. L’identité italienne ne se situe pas dans rapport dominant-dominé et ne fait pas l’objet d’oppressions dans les pays où l’on consomme ce met. Pour le professeur Séguin, dans le cas de la cuisine Israélienne : « Il s’agit bel et bien d’appropriation culturelle ».

 »Et pourquoi les immigrés troqueraient-ils leur attirail traditionnel avec nos chemises tartans? » 

À première vue, cette adoption de nouvelles pratiques vestimentaires semble s’apparenter à de l’appropriation culturelle. Pourtant, il existe un autre mot pour les désigner : l’assimilation culturelle. C’est l’acte par lequel un individu ou un groupe minoritaire abandonne ses valeurs d’origine pour s’accorder à la culture dominante. La nuance est de taille ! Il s’agit souvent de la phase finale de l’acculturation par laquelle passent des individus dans le cadre de migrations. Il existe plusieurs degrés d’assimilation car elle possède un éventail très large de nuances. Si elle peut être volontaire, elle est aussi parfois forcée. Un exemple d’assimilation volontaire pourrait être celui d’un Français fraîchement débarqué au Québec qui échange sa fascination pour le soccer avec un fier soutien pour le Canadien de Montréal. Dans ce cas, les modifications ne sont pas nécessaires à sa survie et elles ne lui sont pas non plus imposées de manière explicite ou implicite. Il s’agit donc véritablement d’un choix volontaire, celui d’embrasser des éléments de sa culture d’adoption. Un autre type d’assimilation pourrait être le cas d’un immigré allophone qui suivrait des cours de français dans le YMCA le plus proche pour se conformer à la politique linguistique de la province. Ici, l’assimilation est rendue plus obligatoire, puisqu’il s’agit d’une injonction des instances gouvernementales. Il existe des endroits où l’importance accordée à la langue n’est pas manifeste, mais au Québec tel est le cas : l’assimilation passe par la langue. À cet égard, des cas d’assimilation plus problématiques existent. Au tournant du XXe siècle, les immigrants européens et asiatiques qui arrivaient à Ellis Island étaient rebaptisés : leurs noms étaient modifiés pour des équivalents anglophones. Ainsi, messieurs Schneider, Wojciech, ou Tamio devenaient Taylor, Albert ou Tommy. Beaucoup d’entre eux consentaient à ce changement même si, dans la majorité des cas, ils n’en avaient pas été informés au préalable.  Parfois, l’obligation à l’assimilation est implicite. C’est le cas lorsque des personnes ont recours à des modifications d’ordre physique, modifiant leur apparence afin de tendre vers l’idéal valorisé par la société. Si aujourd’hui, ces modifications ne sont plus clairement annoncées comme une obligation, elles restent une injonction non-dite. Ainsi, dans les communautés afro-américaines et afro-canadiennes, nombreuses sont les personnes qui ont recours à des modifications d’ordre capillaire pour s’intégrer au paysage. Il s’agit bien d’une forme d’injonction puisque encore aujourd’hui, de nombreuses personnes subissent des discriminations en raison de leur apparence physique. Ainsi, le mois dernier, une jeune Afro-canadienne a dû quitter son emploi dans une boutique Zara de Toronto, après que ses supérieurs lui eurent demandé d’échanger ses tresses pour une apparence plus « professionnelle » (autrement dit, plus occidentale). Les exemples de ce type sont très nombreux. Volontaire ou involontaire, explicite ou implicite, le phénomène d’assimilation reste le fait de minorités confrontées à une culture hégémonique. Il ne peut donc en aucun cas s’agir d’appropriation culturelle, mais bien de son inverse. Comme l’écrit Bruce Ziff dans son ouvrage Borrowed Powers: « l’assimilation culturelle est en fait l’opposé complémentaire de l’appropriation culturelle. » Les deux phénomènes correspondent à une logique d’emprunt, mais diffèrent par le sens de ce même emprunt. À un extrême, il y a l’obligation d’adopter une culture en tant que minorité et à l’autre, il y a un usage délibéré d’une culture qui n’est pas sienne sans prise en compte de la sensibilité que possèdent ses détenteurs à son égard et de la signification qu’ils y rattachent. Justement, la violence symbolique de l’appropriation culturelle réside en partie dans le fait que des minorités stigmatisées par une majorité pour leur différence voient cette même différence par elle. Un usage qui, souvent, a l’effet de renforcer les stéréotypes préexistant ou de contribuer à la marginalisation de cette culture.

Finalement, autour de l’appropriation culturelle gravitent de nombreux autres phénomènes : acculturation, fétichisation, appréciation, colonisation, expropriation, assimilation … La liste est riche. Pourtant, à la lumière de ces exemples et des propos de nos chercheurs, il ressort un critère fondamental quant à l’appropriation culturelle : elle est le fait d’un groupe dominant à l’égard de groupes minoritaires dont la culture a pût être un objet d’oppression. Dans tous les cas, elle est effective lorsque ces groupes voient leur culture utilisée, mercantilisée, réduite ou simplement usurpée par les membres de la société dominante sans leur consentement ou à leurs dépens. L’usage d’éléments culturels ou traditionnels prend une signification toute neuve lorsque ceux qui en sont issus s’en trouvent éloignés, et devient un véritable « bien », si ce n’est une possession, voire une richesse. Il s’agit donc d’un sujet sensible, à manier avec délicatesse. Et ce que l’on peut trouver dans nos garde-robes, nos assiettes, ou nos chansons préférées peut avoir une portée que l’on aurait eu bien du mal à soupçonner.

Bien sûr, s’il est nécessaire d’être attentif à ses pratiques culturelles quotidiennes, il faut veiller à ne pas tomber dans la rectitude politique. De nombreuses choses pratiques ne constituent pas des cas d’appropriation culturelle tout en s’inscrivant dans des logiques d’emprunt. Quotidiennement, nous utilisons des outils hérités de cultures différentes, des chiffres arabes à l’alphabet phénicien en passant par le jeans ou le hamburger. Les cultures telles que nous les connaissons ne sont pas des entités figées, elles sont le fruit de circulations et d’échanges. La question d’appropriation culturelle ne consiste pas à nier cela. Selon Georges Nicholas, « depuis des milliers d’années, les sociétés autour du monde  ont incorporé des éléments de l’héritage d’autres peuples dans leur art, leur littérature, leur architecture et autres expressions culturelles (…) Je ne vois pas de limites pratiques au partage ou à l’inspiration, sauf quand cela franchit certaines limites liées au respect  et que des éléments distinctifs de la culture de quelqu’un d’autre sont utilisés d’une manière qui touche vraisemblablement les membres de cette culture.»

 

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